Machine Vivante Créature Artificelle – Présentation

 

IMG_20170125_155541.jpg

 

Le projet d’oeuvre Machine Vivante – Créature Artificelle est une co-création des artistes Manon Schnetzler et Thomas Peyruse avec l’appui précieux de :

 


Contexte philosophique

 

Le but de l’oeuvre d’art Créature Artificelle est de réaliser une « Machine Vivante ». Le point de départ est donc une recherche sur la sémantique antagoniste entre « Machine » et « Vivante ». La question d’être vivant est beaucoup complexe qu’une recherche dans le dictionnaire. Le jeu est souvent de trouver des critères objectifs pour déterminer la barrière entre le vivant et le non-vivant… Cela signifierait donc que l’on sait intuitivement ce qui est vivant et que la définition n’est qu’un jeu intellectuel de mots ?

La science s’est emparé du problème et l’ouvrage le plus pointu est « Qu’est ce que la vie » de Erwin Shrödinger (1944). Un système vivant est défini comme système qui, isolé énergétiquement et en matière, voit son entropie augmenter (se décompose de manière irréversible)

Et pourtant, l’art de la marionnette consiste à donner l’illusion qu’un objet est vivant. C’est une illusion mais l’humain croit en ce personnage, en son histoire uniquement par ses mouvements.

Il apparaît que le mouvement est un trait important dans notre « sentiment de détecter le vivant », qu’il soit visible à l’œil nu ou dans un espace temps très lent (plante).

A la fin de sa vie, Charles Darwin commence une étude d’anatomie comparée entre les comportements émotionnels des animaux et des hommes. Il remarque certaines similitudes et un héritage génétique. Il propose que non seulement la forme de l’animal permet de survivre mais aussi les émotions basique. Le mouvement est donc une condition primordiale à la survie.

Dans la période contemporaine, l’illusion du vivant et plus spécifiquement de l’intelligence est étudié par Alan Turing à travers son fameux test. Et l’échange avec les derniers Chatbots est assez troublant au premier abord. Ces algorithmes traitants des mots comme toute autre donnée liée n’ont pourtant jamais mis le nez en dehors de leur puce.

Il apparaît donc un paradoxe entre l’illusion d’intelligence et son manque d’incarnation et de biographie.

La croyance transhumaniste consiste justement à réduire l’intelligence à de l’algorithmique pure et universelle.


Concept

 

La Créature Artificelle s’appuie sur une vision plus intéressante de l’intelligence et de la vie, celle de l’intelligence artificielle incarnée. Cela consiste à dire que l’intelligence est un processus complexe lié à l’évolution biographique d’un corps doté d’un système nerveux dans un environnement. Sans ce trio, toute intelligence n’est que feinte.

Cette machine sera donc tactile, reliée à son environnement, équipée d’un système nerveux et évoluera dans un environnement. Nous avons décidé de nous concentrer sur le mouvement et non la forme. C’est pour cela que nous avons choisi une forme suspendue par des treuils numériques. Cette forme est suffisamment abstraite pour évoquer une machine au repos.

De plus, afin d’intégrer le public par son corps, nous avons décidé de travailler sur une machine de taille monumentale (une envergure de l’ordre de 10 mètres) et de travailler sur l’interactivité.

Le chorégraphe Jean-Marc Matos, ayant déjà travaillé sur ces problématiques va nous aider conceptuellement et se propose de travailler sur un échange chorégraphique entre un interprète et cette machine.


Manon Schnetzler

 

Site

Diplômée du Master Création Numérique de l’université Toulouse Jean Jaurès, Manon Schnetzler se considère aujourd’hui comme une artiste bidouilleuse.
Passionnée par le détournement d’objets et convaincue que l’on peut traiter des sujets sérieux de façon drôle et décalée, elle tente, au travers de ses installations, de mener une réflexion sur les relations entre l’Homme et ses Machines.
Ses recherches, articulées autour des domaines de l’art, de la science et de la technologie, l’ont notamment amenée à travailler sur la notion d’empathie artifcielle et à étudier la problématique de la surveillance exercée par nos objets technologiques.


Thomas Peyruse

 

Site

De formation ingénieur en automatique-robotique de l’École Centrale de Nantes, Thomas Peyruse a travaillé pendant dix ans dans le contrôle autonome d’engins spatiaux et le pilotage d’avions civils et militaires. En parallèle, il a mené une recherche personnelle sur l’incarnation d’une intelligence artifcielle à la lumière des neurosciences et de la robotique. Il a enfn pratiqué en amateur la scène comme comédien et clown sur différents projets.
Depuis 2015, il mène à temps plein une recherche sur les technologies de la robotique et leur utilisation en les questionnant sur la scène. Il travaille notamment dans la compagnie de danse Shonen de Éric Minh Cuong Castaing sur la mise en scène de machines humanoïdes (Poppy et Nao), de casques de réalité augmentée ou encore de drones au contact de danseurs. Dans la majorité des projets, les machines sont utilisées comme des marionnettes.